COMPTE RENDU DU VOYAGE AU NIGER ET AU BURKINA FASO

Mireille et moi-même nous sommes rendus au Niger et au Burkina Faso du 04 au 18 juillet afin :

-        d'effectuer une visite au centre de Niger Amitié à Zinder.
-        d'effectuer l'enquête de faisabilité de l'implantation d'une nouvelle école au Burkina Faso à Dédougou.
-        de rencontrer des artisans pour le développement de la boutique
Voyage à Zinder.

        Notre visite à Zinder a duré trois jours. Nous avons, rencontré le conseil d'administration de Niger-Amitié à trois reprises, rencontré les enseignants, travaillé avec la secrétaire comptable de Niger-Amitié sur la comptabilité, visité le centre et rencontré diverses personnalités de la ville de Zinder.
        Visite des locaux et des classes de Niger-Amitié.

        Durant notre visite nous avons pu observer les classes en activité. Quelques élèves interrogés au hasard, nous ont permis de constater que le niveau des élèves de Niger-Amitié était bon, voir très bon. L'exceptionnel taux de réussite au concours d'entrée en sixième en témoigne, puisque cette année les 17 élèves de CM2 présentés ont été reçus.
       
        Les locaux de Niger-Amitié sont entretenus et rénovés lorsque nécessaire, mais il s'avère que les conditions de travail des enseignants et des élèves sont loin d'être optimales, et il serait bon que la reconstruction de l'école puisse se faire.
        Rencontre avec les enseignants de Niger-Amitié.

        Nous avons pu rencontrer les enseignants et débattre avec eux de leurs revendications et de leurs difficultés.
        Les points suivants sont ressortis de la discussion :

-        les enseignants souhaitent être davantage associés à la vie de Niger-Amitié,
-        ils souhaitent pouvoir accéder plus facilement à des formations notamment dans le cadre spécifique de l'enseignement à des élèves handicapés,
-        ils demandent à ce que des stagiaires viennent d'Europe pour confronter leur savoir-faire et améliorer la qualité de leur travail,
-        ils souhaitent que les classes soient équipées de matériel plus adapté aux enfants handicapés,
-        ils demandent enfin à APPEL, s'il est possible que notre association puisse prêter de l'argent aux salariés de Niger-Amitié afin de leur permettre de se construire une maison dans une concession (le coût de revient d'une maison est d'environ 3000 F. F.)

Notre réponse à été la suivante :

- En principe les questions financières sont à traiter avec Niger-Amitié qui est notre interlocuteur. Cependant nous soumettrons au conseil d'administration d'APPEL la demande de financer des crédits immobiliers.
-        Si l'occasion se présente APPEL enverra des stagiaires qui souhaitent accomplir à leur frais, une mission à Zinder.
-        Nous encourageons les enseignants à participer à la vie et au financement de Niger-Amitié, en organisant des spectacles et des animations dans les locaux de Niger-Amitié. Ce qui leur permettra en retour de demander des contreparties à leur investissement.
-        Etant probablement les seuls enseignants du Niger à travailler avec des enfants handicapés, ils doivent avoir une part d'auto formation qui pourrait se traduire par des réunions de réflexion interne sur leur pratique avec les enfants handicapés.
        Réunion de travail sur la comptabilité de Niger-Amitié.

Nous avons repris l'ensemble des comptes avec Zeinabou, la secrétaire comptable de Niger-Amitié. Niger-Amitié ne dépasse pas les sommes fixées en début d'année scolaire par le bilan prévisionnel et allouées mensuellement par APPEL. Cependant, nous nous sommes aperçus que certains produits achetés au titre de l'école Niger Amitié étaient en fait destinés à l'ONG Niger Amitié. 2% du budget de l'école Niger Amitié est versé à l'ONG Niger Amitié pour ses frais de fonctionnement. APPEL devait verser 2 767, 25 F au titre des frais de fonctionnement à l'ONG Niger Amitié pour l'année scolaire 99-00. Or, l'ONG a dépensé 5848,10 F et redoit donc 3080,85 F à l'école Niger Amitié. Il conviendra donc à l'ONG Niger Amitié de réduire ses dépenses annuelles jusqu'à extinction de la dette, ou d'organiser une manifestation scolaire, un spectacle... permettant de faire rentrer de l'argent dans la caisse.
Actuellement, Niger Amitié dispose d'un seul compte bancaire, sur lequel est crédité et débité l'argent de l'école, celui du centre de handicapés Kara-kara, et celui de l'ONG. Zeinabou tient consciencieusement ses livres comptables, et les différentes comptabilités sont clairement séparées sur le papier mais, compte tenu de la complexité grandissante de la comptabilité, nous avons demandé l'ouverture de trois autres comptes : un pour l'ONG, un pour Kara-kara, et un troisième pour les écoles communautaires.
La vérification des comptes s'est déroulée sans difficulté et nous avons eu accès à l'ensemble des pièces comptables demandées.
Zeinabou a commencé une formation pour pouvoir tenir la comptabilité sur informatique. Nous adopterons le même système comptable qu'eux pour pouvoir communiquer plus facilement et être en mesure d'échanger des fichiers pour comparaison et rectification.
        Rencontre avec le directeur du C.E.G II de Zinder.

        Le CEG II de Zinder est celui où enseigne le Président de Niger-Amitié. Ce dernier a pu nous faire rencontrer le directeur de l'établissement qui accueillait au total 145 élèves cette année dont quatre nouveaux élèves de Niger-Amitié en sixième, deux d'entre eux sont des handicapés sévères.
       
        La discussion a porté sur les difficultés que rencontrent les enfants handicapés dans l'établissement. Ces difficultés sont avant tout liées aux déplacements. Il est souhaitable que ces enfants soient équipés de tricycles pour se rendre au collège.

        Les élèves handicapés sont les premiers bénéficiaires des bourses octroyées par l'état nigérien. Cette année Niger-Amitié présentera les dossiers des élèves handicapés aux services sociaux afin que l'attribution des bourses se fasse rapidement.

        Il n'y a pas de problème pour obtenir les copies des bulletins scolaires des enfants parrainés. Le Président de Niger-Amitié se chargera désormais de se procurer les copies des bulletins des anciens élèves de Niger-Amitié, ce qui permettra de suivre les enfants parrainés au-delà du primaire.

        Il serait également envisageable de financer des séances d'aide aux devoirs pour les enfants handicapés ayant des difficultés à étudier à la maison le coût est de 150 F.F. par mois quel que soit le nombre d'enfants.
        Réunion avec le conseil d'administration de Niger-Amitié.

        Deux réunions de travail et une réunion de synthèse ont eu lieu durant notre séjour à Zinder. Au cours de ces réunions nous avons ré expliqué le fonctionnement d'APPEL et les points suivants ont été abordés.
Relations avec l'expatriée représentant APPEL.

        Depuis quelques mois les relations entre notre expatriée et Niger-Amitié s'étaient détériorées jusqu'à la rupture. Les discussions qui ont eu lieu en notre présence ont mis en évidence des conflits de personnes entre notre représentante et le Président de Niger-Amitié. Ces conflits n'étant pas imputables à une mauvaise gestion de Niger-Amitié, mais semblant insurmontables, notre représentante à Zinder ayant par ailleurs d'autres problèmes avec diverses O.N.G. de Zinder a préféré cesser ses activités à Zinder.
        Une assistante technique de la coopération allemande nous renseigne depuis sur l'évolution de Niger-Amitié.
Réorganisation de Niger-Amitié.

        L'an dernier deux nouveaux volets sont venus s'ajouter aux activités de Niger-Amitié, ils concernent la gestion d'un centre d'apprentissage pour handicapés appelé Kara-Kara, et le projet "école communautaire" qui a pour objectif de former des instituteurs de brousse qui seront conduits à faire classe dans les villages n'ayant pas d'école. Ces deux nouveaux projets sont suivis et financés par la coopération allemande pour un et la coopération hollandaise pour l'autre- mais sont exécutés par Niger-Amitié.

        Afin de bien séparer l'école des deux autres projets nous avons demandé à ce que les gestions soient bien séparées pour les trois projets et que trois nouveaux comptes bancaires soient ouverts par Niger-Amitié, deux pour les deux autres projets et un pour la structure Niger-Amitié.
        D'autre part en accord avec les deux autres bailleurs de fonds nous avons souhaité une révision des statuts de Niger-Amitié afin qu'ils soient réadaptés aux nouvelles activités de Niger-Amitié, et mis en conformité avec la loi.
        Cette révision prévoit notamment :
-        l'impossibilité pour les salariés de Niger-Amitié d'être élus au conseil d'administration,
-        la représentation de salariés au conseil d'administration par des délégués du personnel,
-        la représentation des partenaires de l'O.N.G. au conseil d'administration.
Autres points abordés.

        Sur leur demande et sur recommandations d'APPEL, Niger-Amitié s'efforcera d'intégrer davantage les enseignants aux prises de décisions concernant l'école.
        Le projet de reconstruction de l'école étant toujours dans le flou, Niger-Amitié va essayer d'obtenir officiellement la jouissance à vie du terrain actuellement prêté par les autorités municipales. Dans le cas ou ce document serait obtenu, la rénovation ou la construction de nouveaux locaux serait remis à l'ordre du jour.
        Nous nous sommes engagés à étudier en conseil d'administration les demandes suivantes de Niger-Amitié :
-        achat de tricycles pour les élèves handicapés poursuivant leurs études au collège,
-        financement et achat d'un nouveau véhicule, l'acheter en France et l'expédier.
-        étudier la possibilité de faire des prêts immobiliers au personnel de Niger-Amitié dans certaines conditions.
Voyage à Dédougou.

                Le voyage à Dédougou avait pour objectif d'étudier sur place l'intérêt et la faisabilité d'une nouvelle école comparable à celle de Zinder destinée en priorité aux enfants handicapés physiques et aux enfants orphelins. Nous avons rencontré la personne qui serait notre correspondant à Dédougou, les autorités locales ainsi qu'un représentant de la mission catholique bien au fait des problèmes régionaux.
        Aspect administratif.

        Nous avons trouvé un accueil tout à fait favorable auprès des autorités de Dédougou. Nous avons rencontré le Maire, le Préfet et le responsable de l'enseignement primaire.

        Tous trois nous ont affirmé l'utilité d'un tel projet, en raison notamment de l'augmentation du nombre d'enfants orphelins causés par les ravages du SIDA.
        Les propos sont allés au-delà des bonnes intentions puisqu'en cas de réalisation du projet, l'état Burkinabé donne le terrain à l'association et il fournit également gratuitement les instituteurs.

        Cette volonté de favoriser l'éducation par tous les moyens s'est déjà traduit dans les faits puisque nous avons déjà reçu l'attestation d'attribution du terrain à APPEL.
        Aspect humain.
       
        Afin de vérifier l'opportunité de cette école, il a été décidé de réaliser un recensement des enfants handicapés et orphelins de pères et de mères dans les différents quartiers de la ville de Dédougou.
        A ce jour, le recensement à été réalisé sur 5 des 8 quartiers de la ville, il porte sur les enfants de cinq à quinze ans, les résultats sont les suivants.
       

ENFANTS HANDICAPES

ENFANTS ORPHELINS
36 50
               

Ces chiffres sont, hélas, compatibles avec une action d'APPEL sur cette région du Burkina Faso. Notamment compte tenu du fait qu'il ne porte que sur une partie de la ville de Dédougou et que des villages alentours pourraient être concernés.

                Le problème restant à résoudre est celui du financement du démarrage éventuel de ce projet. Le point sera fait sur ce sujet lors de la prochaine assemblée générale de l'association.
Contacts pour la boutique.

                Le voyage a permis de rencontrer une bonne partie des fournisseurs habituels d'APPEL, certains pour la première fois. Ces contacts se sont avérés prometteurs pour la suite du développement de la boutique.
Nous avons pu également voir les artisans qui fabriquent les produits que nous importons et vérifier ainsi que cette activité de l'association et en phase avec l'éthique que nous défendons, c'est à dire que les artisans soient bien rémunérés pour leur travail et qu'aucun des produits que nous importons ne soient fabriqués par des enfants.
       
        Nous avons également pu nous procurer de nouveaux produits, des objets en cuir, des percussions… Nous avons enfin pris de nombreux contacts, tant au Burkina qu'au Niger, qui nous permettront à l'avenir d'augmenter le nombre de nos fournisseurs et d'être livrés plus facilement.

        Les achats ont porté essentiellement sur des objets en pierre, que nous avons habituellement du mal à nous procurer, sur des djembés, d'autres percussions et sur des objets en cuir (ceintures, porte-monnaie, sacs à main…

        Ces objets seront bientôt disponibles sur le site Internet de l'association. La boutique, déjà présente sur la toile ne présente actuellement qu'une petite partie des produits vendus par l'association, nous effectuerons prochainement une refonte de cette partie du site afin d'en développer les résultats.


                                        Jean-Yves CHIARA

                                        Président,